Annecy a depuis longtemps été appelée la « Venise des Alpes », cela est dû à son caractère incroyablement romantique, aux canaux qui sillonnent la ville, à son centre-ville médiéval orné et peut-être aussi à la proximité de l’Italie. Six cent petits kilomètres séparent les deux belles villes. Un événement qui fête son vingt-deuxième anniversaire, inévitable durant la saison d’hiver à Annecy, influencé par Venise, c’est le carnaval. Cet événement gratuit permet aux amateurs de spectacle et de sublime d’en prendre plein les yeux durant un week-end.

Le rendez-vous à ne pas rater en février

Des centaines de personnes qui s’habillent de leur plus beaux atouts, broderies, breloques, perles, soie, couleurs, foulards, masques, chapeau, dentelles et tutti quanti, vont défiler pendant ces deux jours au cœur de l’hiver Annécien. C’est sans nul doute l’événement le plus excitant du mois de février. Ils sont environ 500, poussés par leur passion du déguisement, de l’anonymat et de la folie, que seuls le carnaval permet. Le mystère et la magie enchantent la ville et rappellent que la capitale savoyarde est vraiment proche de l’Italie, et également qu’elle abrite encore de nombreux descendants italiens.

Le formidable responsable de cette fête merveilleuse est l’association Aria 74 (Association Rencontres Italie Annecy). La manifestation commencera le vendredi 23 février 2018 avec une sortie nocturne dans le forum de Bonlieu à partir de 17h. Ensuite, les masques sortiront les samedi 24 et dimanche 25 février, entre 10 et 18h, mais il n’y aura pas de défilé, car l’organisateur souhaite laisser place à la liberté de déambuler librement dans la ville, entre les jardins de l’Europe, le Pâquier, ou encore dans la vieille ville, aux abords du lac. Le cadre parfait pour prendre des photos sensationnelles. Ce qui est d’autant plus intéressant, c’est le fait que les masques et costumes soient réalisés par ceux et celles qui les portent, donnant une dimension artisanale et humaine au carnaval. Le silence des masques, leurs regards qui en dit long, ainsi que le haut niveau de raffinement des costumes donnent toujours une impression de grand mystère et rappellent une époque ancienne ou les tissus des robes et le taffeta effleuraient les pierres de la vieille ville d’Annecy. L’association invite ainsi les spectateurs et les promeneurs à suivre les masques. Ce bel événement est inclus dans un programme appelé « Semaine vénitienne », qui commence le 21 février, et se déroulera dans le forum Bonlieu avec des ateliers créatifs et maquillage pour les enfants, un concert de l’Académie musicale Vivaldi.

Les origines de l’événement

A l’origine, Annecy s’est jumelée en 1995 avec Vicenza (une ville à cent kilomètres environ de Venise) et Aria74 est née à ce moment même. L’association organise des conférences, des séances de conversation en italien, et aussi le carnaval. Les masques d’Annecy sont des personnes tellement passionnées et impliquées qu’elles participent aussi à d’autre carnavals, faisant la promotion de celui d’Annecy. C’est ainsi que d’une petite trentaine de participants, avec le bouche à oreille on a atteint les 400 participants l’an dernier. Le nombre de personnes aidant à l’organisation a considérablement augmenté également, puisqu’ils sont aujourd’hui 70 (contre seulement 5 au début).

Les masques sont pour certains la propriété de l’association, mais d’autres viennent de Remiremont, la ville des Vosges qui a été la première à instaurer un carnaval vénitien en France. Les masques sont complices et se promènent, se changent et confectionnent ensemble leurs parures et c’est un merveilleux spectacle que de les voir diner ensemble juste avant leur sortie.

Les costumes sont inspirés par la tradition vénitienne, en partie, mais comme pour carnaval tout est permis, cela laisse la place à l’imagination débordante de ces créateurs. Traditionnellement, l’homme porte la « bauta » (normalement constitué de trois pièces : une cape noire, un tricorne noir et un masque blanc, d’un aspect spécial, qui couvre le visage complet et pointe largement en avant, modifiant la voix.), apparue à Venise au XVIIIe siècle, et la femme le loup (demi-masque en velours ou satin noir, portés depuis le XVIIIe siècle). Un autre costume célèbre est la « gnaga », composée de vêtements féminins et d’un masque de chat. La seule règle à respecter est qu’on ne doit voir aucune partie de la peau, le propriétaire doit rester dans le silence, conditions que l’association diffuse au travers de la charte de bonne conduite des masques. La féerie des costumes envahissant la ville d’Annecy est parfaitement en accord avec le décor médiéval de la ville, ce qui lui confère une atmosphère authentique et demeure la raison de son succès.

Le but de tout carnaval est d’abolir les contraintes sociales habituelles, de pouvoir masquer son apparence et se balader dans la ville en toute quiétude, la place du fantasme, de la fantaisie, sont essentiels dans cette fête, que ce soit celle du traditionnel vénitien autant que celui de Dunkerque, Rio ou Nice. Il faut savoir que le carnaval vénitien d’Annecy est le plus ancien, le plus beau et le plus important de France, c’est dire à quel point l’attraction pour le merveilleux de la fantasmagorie est intense. Ce rituel à la base civique est progressivement devenu un divertissement à la fois séduisant, quasi ésotérique et insaisissable, embellissant Annecy chaque année plus encore.