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    Héros de l’ombre : les maquis de Haute-Savoie et leur combat contre l’Occupation

    Si le maquis des Glières est particulièrement connu en Haute-Savoie, il n’est pas le seul à avoir existé durant la Seconde Guerre Mondiale. Nous revenons donc sur les lieux où les maquisards ont établi des camps dans le département durant cette période.

    Les maquis autour d’Annecy

    maquisards haute-savoieLorsque nous parlons de maquis, une distinction doit être établie. Il existait durant la Seconde Guerre Mondiale des maquis de réfractaires, qui ont vu le jour durant l’hiver 1943 et qui accueillent des jeunes fuyant la Relève, puis le STO. L’autre type de maquis, comme celui des Glières, fait référence aux camps de maquisards qui suivaient un entraînement et une instruction militaire en vue d’opérations.

    Le maquis des Glières

    Au Plateau des Glières, les jeunes réfractaires montent dès mars 1943. Durant l’été, un camp est installé à la Métralière. Les maquisards sont sous la houlette du lieutenant Tom Morel, à qui succédera le capitaine Maurice Anjot. Tous les deux sont d’anciens du 27e BCA.

    Le 31 janvier 1944, le lieutenant-colonel Georges Lelong arrive à Annecy avec pour mission de réduire la Résistance en Haute-Savoie. Devant l’urgence de la situation, les premiers maquisards rejoignent les Glières. Mais les premières opérations de nettoyage débuteront dès février. Le 3 et le 5 de ce mois-ci, une rafle est organisée à Thônes. Le blocus autour du Plateau des Glières se renforce au 27 février. Mais le nombre de Résistants augmentant et l’armement s’améliorant, Tom Morel élargit son dispositif pour tenir le pourtour du plateau. Il sera tué le 9 mars par le commandant Lefèvre, à bout portant.

    Le 27 mars, l’attaque générale du Plateau des Glières a lieu, après plusieurs alertes la veille. Le bilan sera lourd : 149 victimes, maquisards comme civils, morts au combat, fusillés ou morts en déportation. Une centaine de jeunes, faits prisonniers, sera envoyée en Allemagne pour réaliser des travaux forcés. Plus de cinquante chalets sont détruits. Les Glières deviennent un symbole de la Résistance.

    Le maquis des Dents de Lanfon

    Si les Dents de Lanfon sont le nom d’une montagne au-dessus du lac d’Annecy, c’est aussi le nom d’un maquis. Dès le printemps 1943, de nombreux réfractaires se réfugient au maquis des Dents de Lanfon. Rapidement, plusieurs dizaines de maquisards s’installent. À leur tête, César Déléan, aussi connu sous le nom du Barbu.

    Mais le camp est attaqué par les Italiens le 17 juin 1943. Après avoir résisté sous la pluie et dans le brouillard, les maquisards se voient contraints de se replier. Ils laisseront sur place 13 prisonniers et 2 morts, Jean Prisset et Maurice Coulon. Les captifs seront envoyés en Italie, où ils seront présentés au tribunal de Breil-sur-Roya, avant d’être internés à Fossano.

    À l’image d’Henri Bouvier, certains réfractaires parviendront à s’échapper. Ils reprendront ensuite le combat, mais cette fois auprès des maquisards italiens. Quant à ceux qui auront réchappé à l’attaque du maquis des Dents de Lanfon, ils rejoindront d’autres camps, à l’exemple de celui du Cruet.

    Le maquis des Confins

    Autre maquis, cette fois du côté de La Clusaz et des Confins. Le hameau comptait 937 habitants en 1936. La création du maquis résulte de la rencontre de jeunes venant de Droisy, d’autres du plateau de Beauregard et de personnes isolées. Les réfractaires, installés dans un chalet des Confins, seront attaqués le 20 août 1943 par des soldats italiens du 20e bataillon de chasseurs alpins.

    Bien qu’ils fassent preuve de courage, les maquisards devront décrocher et laisser derrière eux deux compagnons tués, Jacques Marchand et Patrick Verley, ainsi que plusieurs blessés. Au total, 20 réfractaires seront arrêtés par les Italiens, comprenant des habitants du hameau.

    Les maquis ailleurs en Haute-Savoie

    maquis haute-savoieLe nom de maquisard apparaît pour la première fois en janvier 1943. C’est Michel Gros, en parlant des réfractaires, qui utilise les termes “ils ont pris le maquis”. Il fait ici référence aux réfractaires venus se réfugier en Haute-Savoie. Dans les mois suivants, les expressions de maquis et de maquisard seront largement reprises.

    Le maquis de Montfort

    Le maquis de Montfort se trouve au-dessus du village de Saint-Gervais, qui comptait 700 habitants en 1936, au chalet d’Adolphe Gabioux. Au lieu-dit La Torchette, l’objectif était de former ce qui serait de former l’armée de libération dont le noyau se trouverait aux Glières.

    Mais le camp est attaqué par les troupes italiennes le 10 août 1943. Malgré les sommations, les maquisards cherchent à se défendre, mais la plupart sont pigés dans le chalet. 5 mourront : Maurice Vidalin, Jean Collet, Jean Touzé, Roger Lorato et Roger André Wutrich. 41 autres seront faits prisonniers, dont 4 blessés graves. Ils seront envoyés en Italie pour être jugés, mais leur captivité est stoppée par la capitulation italienne du 8 septembre 1943.

    La montagne des Princes

    Un autre maquis se construit en Haute-Savoie, dans la montagne des Princes, à Droisy. Mais le camp, à l’image de nombreux autres, sera lui aussi attaqué. C’est à l’aube du 28 mai 1943 que les troupes italiennes donneront l’assaut.

    Au total, 30 maquisards sont faits prisonniers. Ils seront internés au quartier Galbert, à Annecy, avant d’être transférés en Italie. Ils y seront jugés au tribunal de Breuil-sur-Roya, avant d’être condamnés à la prison. Ils seront enfermés à celle de Fossano.

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    Marine B.
    En tant que rédactrice pour le média indépendant Annecy-Ville, je suis ravie de vous guider à travers les charmes de notre ville.
    Découvrez avec moi les récits, les événements et les endroits exceptionnels qui font la beauté de notre Venise des Alpes.

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