Quand on pense kayak autour d’Annecy, le lac vient forcément en premier. Entre le Roc de Chère, Talloires ou Duingt, il y a déjà largement de quoi faire, avec plusieurs itinéraires en kayak sur le lac d’Annecy accessibles sans partir très loin. Mais en roulant une heure ou deux, on peut changer complètement d’ambiance.
Eau turquoise, Rhône sauvage, petit lac encaissé entre les montagnes ou immensité du Léman : plusieurs spots méritent franchement le déplacement.
Le lac d’Aiguebelette, pour son eau turquoise et son calme
À un peu plus d’une heure d’Annecy, Aiguebelette fait partie de ces endroits où le changement d’ambiance est immédiat. Les reliefs entourent le lac, les rives restent très vertes et l’eau prend parfois des teintes presque irréelles lorsque le soleil est de la partie. Surtout, aucun bateau à moteur thermique ne vient casser le calme, ce qui rend le plan d’eau particulièrement agréable en kayak.
Pas forcément besoin non plus de viser une grosse sortie. Le lac se prête très bien à quelques heures de navigation tranquille en longeant les berges et en prenant le temps de profiter des différents points de vue. Il y a tout de même une particularité à connaître avant de venir avec son propre kayak : Aiguebelette est un lac privé et un droit de navigation est obligatoire. Pour une embarcation non motorisée, le tarif journée est actuellement fixé à 7 €. Certaines zones naturelles sont également protégées et ne doivent pas être approchées.
Le lac du Bourget et le canal de Savières, pour partir beaucoup plus loin

Et la sortie peut continuer bien au-delà. Le canal et son écluse permettent de rejoindre le Rhône, ce qui ouvre de nombreuses possibilités pour construire une vraie journée sur l’eau plutôt qu’une simple boucle autour d’une plage. C’est typiquement le genre de sortie où partir avec son propre matériel prend tout son sens.
Le secteur reste toutefois très fréquenté par les bateaux de plaisance et les navettes. Les chenaux, la signalisation et les éventuelles restrictions temporaires doivent donc être respectés, notamment autour du canal et de l’écluse.
Le Vieux Rhône autour de Seyssel, pour l’ambiance sauvage
C’est probablement le spot qui change le plus des lacs alpins. Autour de Seyssel, le Rhône alterne entre cours principal, bras secondaires et lônes bordées de végétation. Par endroits, les routes et les villages disparaissent complètement du paysage et l’impression d’être parti beaucoup plus loin arrive assez vite.
C’est aussi le spot de cette sélection où il faut être le plus prudent. Le Rhône reste une rivière, avec du courant, des variations de débit et des ouvrages hydroélectriques. On ne choisit donc pas son point de départ au hasard comme sur un petit lac. Certains secteurs du Haut-Rhône sauvage se découvrent justement dans le cadre de parcours encadrés, avec des itinéraires adaptés aux conditions de navigation du jour.
Pour une première sortie, mieux vaut privilégier un parcours connu et se renseigner localement sur les conditions avant de partir. Le décor vaut largement le détour, mais ce n’est clairement pas l’endroit où improviser.
Le lac de Montriond, pour pagayer au pied des falaises

Ce n’est pas ici que l’on vient chercher des dizaines de kilomètres de navigation. Le tour reste assez rapide et se prête davantage à une sortie tranquille de quelques heures. Cela permet aussi de combiner facilement le kayak avec une balade autour du lac, une randonnée dans la vallée d’Aulps ou une journée du côté de Morzine.
En été, son principal défaut reste la fréquentation. Entre les baigneurs, les promeneurs et les autres activités nautiques, partir tôt reste le meilleur moyen de retrouver un peu du calme que suggèrent les photos.
Le Léman entre Nernier et Yvoire, pour changer complètement d’échelle
Depuis Nernier, le Léman donne presque l’impression de passer sur la mer. L’horizon s’ouvre, les distances deviennent beaucoup plus importantes et la navigation n’a plus grand-chose à voir avec celle d’un petit lac de montagne. Longer la rive en direction d’Yvoire permet aussi de découvrir cette partie du Chablais sous un angle très différent.
Voir Yvoire depuis l’eau est particulièrement intéressant en pleine saison. Alors que les ruelles sont souvent très fréquentées, quelques centaines de mètres au large suffisent pour retrouver une autre ambiance. Mais le Léman ne doit pas être abordé comme un lac parfaitement abrité. Le vent peut rapidement modifier les conditions, les bateaux à passagers restent prioritaires et plusieurs zones protégées ou réservées à la baignade sont interdites à la navigation.
Ici plus qu’ailleurs, la météo mérite donc d’être regardée sérieusement avant de partir.
Quel équipement prévoir pour ces sorties ?
Changer de spot autour d’Annecy signifie aussi changer de conditions. Une sortie tranquille sur Aiguebelette ou Montriond n’engage pas de la même manière qu’une navigation sur le Léman ou le Rhône. Le gilet reste la base, avec une tenue adaptée à une eau souvent plus froide que l’air, un coupe-vent, de l’eau et un sac étanche pour le téléphone.
Le transport du kayak compte également lorsqu’on veut multiplier les mises à l’eau ou partir loin d’une base de location. Un modèle transportable comme le Razor Edge Pro 1 en micro-aventure s’inscrit bien dans ce type de sortie. Sur une rivière, la préparation doit en revanche aller plus loin : courant, obstacles, variations de débit et éventuels lâchers d’eau imposent de connaître le parcours avant d’embarquer.
Sur le Léman et les grands lacs, le vent peut enfin changer rapidement les conditions. Mieux vaut donc vérifier la météo jusqu’au dernier moment et identifier à l’avance les possibilités de débarquement.
Ces spots magnifiques… mais interdits au kayak
Certains lacs donnent immédiatement envie de mettre une embarcation à l’eau. Pourtant, les plus beaux décors ne sont pas forcément accessibles en kayak, notamment autour des retenues hydroélectriques ou dans les espaces naturels les plus sensibles.
Le lac de Roselend
Avec son eau turquoise, ses alpages et les sommets du Beaufortain autour, Roselend aurait parfaitement pu entrer dans cette sélection. Sauf que la baignade et les activités nautiques pratiquées en autonomie y sont strictement interdites. L’Office de Tourisme d’Arêches-Beaufort le précise clairement : ici, on profite du lac depuis les sentiers, les belvédères et les routes qui l’entourent, pas depuis un kayak.
Les zones protégées du lac d’Annecy
Le kayak est évidemment autorisé sur le lac d’Annecy, mais pas partout. Les roselières et les zones de protection de la végétation sont interdites à la navigation, tout comme le périmètre de protection de la réserve naturelle du Bout du Lac. Du 30 avril au 1er octobre, il est également interdit de pénétrer dans les zones balisées réservées à la baignade. La signalisation installée sur le lac permet de repérer ces différents secteurs avant de s’en approcher.
C’est aussi valable ailleurs : une rive qui semble déserte ou une petite crique visible depuis l’eau ne signifie pas forcément qu’on peut y débarquer.
Quelques réflexes avant de partir
Même lorsqu’un lac paraît parfaitement calme, l’eau reste froide une bonne partie de l’année et le vent peut rapidement changer les conditions. Sur les lacs de Haute-Savoie, les zones de baignade et les roselières sont interdites à la navigation, tandis que le port du gilet est obligatoire pour les pratiquants de canoë-kayak sur le lac d’Annecy.
Sur une rivière comme le Rhône, il faut ajouter le courant, les variations de débit et les ouvrages hydroélectriques. Avant de partir, mieux vaut donc vérifier la météo, la réglementation locale et les conditions du jour plutôt que de se fier uniquement à ce que laisse penser la carte.






