Vous pensez connaître Annecy dans ses moindres recoins ? Pourtant, même en passant régulièrement devant certains monuments ou en parcourant les rues de la vieille ville, vous ignorez peut-être les histoires étonnantes qui se cachent derrière. Voici 5 détails insolites d’Annecy devant lesquels vous passez sûrement sans connaître leur histoire.
1. La porte penchée qui semble s’enfoncer dans le sol
À l’angle de la rue de l’Île et du passage de l’Île, sous les arcades de la vieille ville, se cache une porte pour le moins insolite. Petite, inclinée et semblant s’enfoncer dans le sol, elle intrigue les passants et attire régulièrement l’attention des photographes, qui peuvent ensuite utiliser un logiciel de retouche photo pour mettre en valeur cette curiosité architecturale. Pourtant, cette inclinaison ne serait pas le résultat d’un choix architectural.
Pour comprendre son origine, il faut s’intéresser à l’histoire de la vieille ville d’Annecy. Construite en partie sur des terrains humides, à proximité du Thiou, elle a vu ses anciennes maisons en bois progressivement remplacées par des bâtiments plus lourds, notamment en pierre. Avec le temps, le poids des constructions et la nature du sous-sol auraient entraîné des tassements irréguliers, provoquant l’inclinaison de certaines structures.
C’est l’une des explications avancées pour cette étrange porte, même si aucune étude technique ne permet aujourd’hui d’en confirmer l’origine exacte.
2. Les quatre tortues qui soutiennent la fontaine Notre-Dame

Installée en 1859 sous la direction de l’architecte Ignace Monnet, la fontaine aurait été inspirée des obélisques de la place Santa Maria Novella, à Florence, eux aussi soutenus par des tortues. Les sculptures auraient été réalisées par un fondeur local, tandis que le bassin aurait été taillé dans un seul bloc de granit.
La construction de la fontaine s’accompagne également d’une petite histoire. Le premier obélisque se serait brisé lors de son transport ou de son installation, obligeant l’entrepreneur à en fabriquer un nouveau à ses frais. Une anecdote amusante, mais qui reste à prendre avec précaution, puisqu’aucune archive connue ne permet de la confirmer.
3. Les quatre saisons cachées sur une façade de la rue du Pâquier

En observant les personnages de plus près, vous pourrez reconnaître chaque saison grâce à ses attributs. Le printemps est couronné de fleurs, l’été porte des épis de blé dans sa chevelure et l’automne se distingue par ses feuilles de vigne et ses grappes de raisin. L’hiver, lui, est représenté sous les traits d’un vieil homme enveloppé dans des vêtements chauds.
Ces sculptures datent de la construction de l’hôtel de Sales, entre 1688 et 1690. Au fil des siècles, ce bâtiment a notamment accueilli des princes de la Maison de Savoie lors de leurs passages à Annecy, avant d’abriter la Banque de Savoie au XIXe siècle. Plus de 300 ans après leur création, les quatre saisons continuent ainsi de veiller discrètement sur les passants.
4. L’étrange étoile à sept branches des Jardins de l’Europe

À l’origine de cette création, on retrouve le frère Arsène, un religieux capucin passionné d’astronomie. Inauguré le 22 juillet 1876, ce gnomon est équipé de plusieurs cadrans solaires disposés sur différentes faces. Selon la période de l’année et l’ensoleillement, les ombres projetées permettaient de déterminer l’heure, aussi bien en été qu’en hiver.
Pour concevoir cet instrument, le frère Arsène avait notamment pris en compte la position géographique d’Annecy afin d’obtenir des mesures précises. Malheureusement, les petites tiges métalliques qui servaient à projeter les ombres ont disparu, rendant aujourd’hui les cadrans inutilisables. Restauré récemment, ce monument célèbre ses 150 ans en 2026.
5. Le puits Saint-Jean qui a quitté Annecy pendant plus d’un siècle

Autrefois utilisé pour fournir de l’eau aux habitants, le puits est détruit en 1805. Ses éléments sont alors transportés jusqu’à Sevrier, dans la propriété d’un avocat nommé Fernex. La margelle est récupérée pour équiper un autre puits, où elle restera pendant plusieurs générations, loin de son emplacement d’origine.
Il faudra attendre 1976, à l’occasion de travaux de réaménagement du centre-ville, pour que la margelle retrouve enfin sa place à Annecy. Une copie est alors réalisée pour le puits de Sevrier. Aujourd’hui protégée au titre des monuments historiques, elle rappelle une époque où les puits occupaient une place essentielle dans le quotidien des Annéciens.






