Haute-Savoie : ces avalanches et coulées de boue meurtrières

avalanche montroc

En Haute-Savoie et en Savoie, plusieurs avalanches et coulées de boue meurtrières ont marqué les esprits. Aujourd’hui encore, elles sont synonymes de douloureux souvenirs pour les habitants et les familles des victimes. Retour sur trois catastrophes majeures : Montroc, Val d’Isère et le Plateau d’Assy.

Une avalanche rase le hameau de Montroc en 1999

Début février 1999, la neige ne cesse de s’accumuler dans le fond de la vallée de Chamonix. En quinze jours, 370 cm de neige sont comptabilisés. Le risque d’avalanche est alors à son paroxysme et tout le monde redoute qu’une crue avalancheuse ne se produise. Cette notion est généralement utilisée lorsqu’une activité anormalement élevée est observée selon une échelle de temps et d’espace donné. Sa fréquence d’apparition est supérieure à 2 ans.

300 000 m3 de neige s’abattent sur Montroc

lendemain du desastre de montroc © ville de chamonixL’après-midi du 09 février, le drame se produit. 300 000 m3 de neige dévastent le hameau de Montroc, dévalant un couloir d’avalanche depuis Peclerey. 20 chalets sont rasés, 6 sont endommagés. Côté humain, les dégâts sont considérables aussi. 12 personnes perdent la vie dans cette catastrophe sur les 17 présentes dans les maisons. Ils seront seulement 5 à survivre.

Parmi les miraculés, Raphaël, 12 ans. Il est extrait des décombres de sa maison en hypothermie 10 heures après le drame, dans la nuit du 09 au 10 février. Le garçon doit son salut à l’effondrement de la dalle de la cheminée. C’est cela qui l’a protégé de l’avalanche, dans laquelle ses parents et sa nièce sont décédés. En tout, ils seront 27 à être dégagés, pris dans l’avalanche.

À un jour près, les conséquences auraient pu être encore plus désastreuses. Car le lendemain, l’arrivée de nombreux vacanciers était prévue.

Une évolution de la protection contre les avalanches

La zone où a lieu l’avalanche était classée en “zone blanche”. Autrement dit, rien ne laissait prédire qu’une avalanche viendrait raser Montroc. Même l’avalanche de 1908 n’avait pas remonté la rive droite, ni atteint les chalets balayés de la carte en 1999.

Depuis la catastrophe de Montroc, la protection contre les avalanches a connu des évolutions. Quelques mois plus tard, l’Association d’Information sur les Risques d’Avalanche (AIRAP), voit le jour. En 2015, elle obtient que les Plans de Prévention des Risques d’Avalanche (PPRA) prennent en compte les avalanches de plus de 100 ans dans l’appréciation des risques.

© France 3 Auvergne-Rhône-Alpes

Val d’Isère, une avalanche souffle l’UCPA en 1970

En 1970 déjà, une avalanche avait fait de nombreuses victimes du côté de Val d’Isère. Le 10 février de cette année-là, le centre UCPA avait été détruit, faisant 39 morts et 37 blessés.

avalanche ucpa val d'isère © AFP - STFIl est 8 h 10. Les 90 stagiaires arrivés le dimanche dans la station de ski de Val d’Isère prennent leur petit-déjeuner dans le réfectoire de l’UCPA. C’est là que la tragédie a lieu. Les vitres éclatent et l’établissement est balayé pour le souffle de l’avalanche et la neige qui s’engouffre de partout.

Le premier à arriver sur les lieux du drame est Jean-Lou Costerg, un pisteur secouriste alors âgé de 27 ans. Choqué devant l’ampleur des dégâts, son premier réflexe est de rebrousser chemin. Pourtant, il revient rapidement et se retrouve face à un amoncellement de neige. Il prévient ensuite les secours, qui mettront du temps à dégager les lieux. Il faut en effet savoir que l’avalanche atteint le plafond.

9 mois plus tard, réouverture du centre UCPA

9 mois après l’avalanche, le centre UCPA ouvre de nouveau ses portes au même endroit. La principale différence réside dans les mesures de sécurité. Des paravalanches ont été installés sur le flanc des montagnes et prennent la forme de filets ou de râteliers. Des tranchées ont également été creusées afin de ralentir les éventuelles avalanches.

© INA Actu

Les conséquences de l’avalanche sur la prévention des risques

Il faut remonter à plus de 200 ans pour trouver une avalanche aussi meurtrière que celle de Val d’Isère. Mais c’est bien cette catastrophe qui engendre une prise de conscience. Deux jours plus tard, le Ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin annonce que de nouvelles mesures vont être prises en matière de prévention des risques naturels et d’implantation des bâtiments.

À l’été 1970, la première carte de localisation des phénomènes avalancheux voit le jour. Et en 1971, l’Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches est créée.

Une coulée de boue fait 71 victimes à Passy en 1970

catastrophe du roc des fiz © Keystone Gamma RaphoLa même année, en 1970, a lieu la catastrophe du Roc des Fiz à Passy. La nuit du 15 au 16 avril, un peu après minuit, un glissement de terrain a lieu, créant une coulée de boue. Elle engloutit une partie du sanatorium Roc des Fiz sur son passage et fait 71 victimes, dont de 56 enfants. Ils étaient 189 à séjourner dans les bâtiments, afin d’être soignés de la tuberculose. L’aile droite est donc détruite par le passage de la coulée de boue. En pleine nuit, alors que les grands et les petits garçons dormaient paisiblement à cet endroit.

Les secours sont déclenchés rapidement. Aidés de la population locale, les 500 secouristes partent à la recherche d’éventuels rescapés durant 4 jours et 3 nuits. Quant aux enfants épargnés, ils sont évacués dans des centres temporaires ouverts par la commune. Ils seront ensuite transférés vers d’autres sanatoriums du Plateau d’Assy.

Un premier écoulement quelques jours plus tôt

Quelques jours avant le drame, le 05 avril, une première avalanche constituait une première alerte. Après une évacuation temporaire des sanatoriums, les enfants réintégraient les lieux. Pourtant, des fissures étaient repérées et signalées. Ainsi, plusieurs alertes avaient été lancées par les employés du sanatorium. Malgré cela et suite à l’avis établi d’un expert, aucune évacuation n’a lieu, le responsable de l’établissement ne le jugeant pas nécessaire.

© INA Actu

Plus de 20 ans après, un monument à la mémoire des victimes

Les familles des victimes et les rescapés de la catastrophe du Roc des Fiz auront attendu plus de 20 ans avant d’avoir un véritable lieu pour se recueillir. Il faut dire que durant de longues années, ce drame est resté un sujet évité, presque tabou dans la commune.

Le 28 mai 2022, les 52 ans de la coulée de boue ont été commémorés. L’occasion d’inaugurer le mémorial, implanté sur la route du docteur Davy. Sa forme n’est pas sans rappeler une montagne qui se déchire, à l’image de Platé et du glissement de terrain qui ôta la vie à de nombreux enfants.

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