Annecy a décidé de réduire fortement le nombre de locations touristiques autorisées sur son territoire. Avec près de 3 740 logements concernés par les nouvelles règles, la capacité d’accueil des meublés de tourisme pourrait diminuer de 58 %. Cette évolution soulève plusieurs questions pour les vacanciers : sera-t-il plus difficile de trouver un hébergement autour du lac, les prix vont-ils augmenter et quelles alternatives resteront disponibles ?
Pourquoi Annecy a-t-elle réduit son nombre d’Airbnb ?
La décision s’inscrit dans le cadre de la loi Le Meur du 19 novembre 2024. Avec ce nouveau dispositif, Annecy passera d’environ 6 400 meublés touristiques à 2 660 autorisations, soit une baisse de 58 % représentant près de 3 740 logements. Peu de villes touristiques françaises ont engagé une réduction d’une telle ampleur.
Pour appliquer ces règles, la municipalité a instauré un système de quotas par secteur :
| Zone | Périmètre | Quota |
|---|---|---|
| Zone A | Vieille ville, Courier, Marquisats | 460 autorisations |
| Zone B | Bords du lac, intra-rocade, gare | 1 000 autorisations |
| Zone C | Reste de la commune | 1 200 autorisations |
Cette mesure répond à une évolution observée depuis plusieurs années. Portée par sa notoriété croissante, les réseaux sociaux et les plateformes de réservation, Annecy est devenue l’une des destinations les plus recherchées de France. Dans certains quartiers, notamment la vieille ville et les abords du lac, les locations touristiques ont progressivement remplacé une partie du parc locatif traditionnel.
Selon la municipalité, certains secteurs historiques compteraient jusqu’à 25 à 30 % de meublés touristiques. Cette situation a contribué à accentuer les tensions sur le logement, compliquant l’accès à la location pour les habitants et le recrutement de salariés dans plusieurs secteurs économiques.
L’objectif affiché par la Ville est donc de rééquilibrer l’activité touristique et la vie locale. Les nouvelles autorisations seront limitées à quatre ans, non transférables et chaque propriétaire, particulier ou société, ne pourra en détenir qu’une seule. Grâce aux outils introduits par la loi Le Meur, la commune dispose désormais de davantage de moyens pour encadrer les locations de courte durée.
Que vont devenir les logements qui ne pourront plus être loués aux touristes ?
Tous les logements concernés ne disparaîtront pas pour autant. Une partie pourrait revenir sur le marché de la location longue durée, tandis que certains propriétaires pourraient choisir de vendre leur bien ou de l’occuper davantage à titre personnel. L’objectif affiché par la municipalité est de favoriser le retour de logements accessibles aux habitants permanents.
L’impact réel de cette mesure dépendra toutefois des décisions prises par les propriétaires dans les prochaines années. Certains quartiers pourraient voir réapparaître davantage de locations classiques, tandis que d’autres conserveront une activité touristique importante, dans le respect des nouveaux quotas fixés par la ville.
Trouver un Airbnb à Annecy sera-t-il plus difficile ?
Pour les vacanciers, les effets pourraient se faire sentir assez vite. Avec la baisse annoncée du nombre de meublés touristiques, les logements disponibles risquent d’être plus rares lors des périodes les plus demandées, notamment pendant l’été, le Festival international du film d’animation ou encore la Fête du Lac.
Les appartements proches du lac, du Pâquier et de la vieille ville devraient être les premiers concernés. Dans ces secteurs très recherchés, la demande reste forte alors que l’offre va se réduire, ce qui pourrait rendre les réservations plus tendues, surtout pour les biens les mieux situés ou avec vue.
La vieille ville apparaît comme l’un des secteurs les plus impactés, avec un objectif de réduction d’environ 40 % des meublés touristiques en résidence secondaire. Du côté des bords du lac, en zone B, la baisse visée atteint environ 20 %. À l’inverse, la zone C devrait conserver un volume d’offres plus stable, ce qui pourrait pousser certains voyageurs vers des quartiers plus éloignés du centre-ville.
Quels secteurs autour du lac pourraient en profiter ?
Depuis plusieurs années, de nombreux visiteurs choisissent déjà de séjourner en dehors du centre d’Annecy afin de profiter d’un cadre plus calme tout en restant à proximité des principales attractions. Avec la réduction du nombre de locations touristiques dans la ville, cette tendance pourrait encore s’accentuer.
Des communes comme Sevrier, Saint-Jorioz, Veyrier-du-Lac, Doussard, Menthon-Saint-Bernard ou Talloires-Montmin disposent déjà d’une offre touristique développée. Elles permettent de profiter du lac, des plages, de la piste cyclable et des activités de plein air tout en évitant l’affluence du centre-ville.
Pour de nombreux vacanciers, ces communes pourraient devenir des alternatives privilégiées lors des périodes les plus fréquentées. Elles offrent un environnement plus paisible et peuvent parfois proposer des tarifs plus accessibles que les secteurs les plus recherchés d’Annecy. Cette évolution pourrait encourager certains visiteurs à découvrir d’autres secteurs du bassin annécien et contribuer à une meilleure répartition de la fréquentation touristique autour du lac.
Les hôtels vont-ils récupérer une partie des voyageurs ?
La réduction du nombre de locations saisonnières pourrait rediriger une partie des visiteurs vers les hôtels d’Annecy. Non concernés par les quotas appliqués aux meublés touristiques, ces établissements conservent leur capacité d’accueil habituelle et pourraient bénéficier d’une demande plus importante lorsque l’offre d’hébergements disponibles se resserre.
Les hôtels disposent par ailleurs de plusieurs services appréciés des voyageurs : petit-déjeuner sur place, ménage quotidien, réception, restaurant, spa, parking ou encore assistance en cas de besoin. Les établissements hôteliers doivent également respecter des règles strictes en matière de sécurité et de gestion des risques, notamment grâce à une assurance pour Hôtel Café Restaurant adaptée à leur activité. Pour certains visiteurs, ces garanties peuvent constituer un critère de choix au moment de réserver leur hébergement.
Sans parler d’un retour massif vers l’hôtel, ce rééquilibrage pourrait inciter davantage de voyageurs à privilégier cette solution.
À quoi faut-il s’attendre pour les vacances d’été ?
Pour les voyageurs, le principal changement concernera sans doute les conditions de réservation. Trouver un appartement dans les secteurs les plus recherchés d’Annecy pourrait devenir plus compliqué, notamment pendant les vacances scolaires, les grands événements ou les week-ends prolongés. Les personnes habituées à organiser leur séjour au dernier moment risquent de disposer de moins de choix.
Les tarifs pourraient également rester élevés. Avec une offre plus limitée, les hébergements les mieux situés continueront d’attirer une forte demande. Aujourd’hui, il faut compter en moyenne entre 110 et 160 euros la nuit pour un studio à Sevrier ou Annecy-le-Vieux pendant les mois de juillet et août. Dans certains quartiers du centre-ville, les appartements encore disponibles peuvent déjà atteindre entre 180 et 250 euros la nuit.
Le message envoyé aux visiteurs est donc assez clair : la location touristique à Annecy devient progressivement plus encadrée et plus difficile à trouver dans les secteurs les plus recherchés. Pour augmenter leurs chances de trouver un hébergement correspondant à leurs attentes, les voyageurs devront parfois élargir leur périmètre de recherche ou envisager les communes voisines.
Une chose ne devrait toutefois pas changer : Annecy reste l’une des destinations les plus prisées de France et continue d’accueillir chaque année toujours plus de visiteurs.





