Depuis 2013, le rythme scolaire a été modifié, passant de 4 jours d’école par semaine à 4 jours et demi. La réforme avait été mal accueillie et une dérogation a été mise en place pour les écoles qui souhaiteraient revenir à l’ancien rythme scolaire dès la rentrée.

La ville d’Annecy repasse à quatre jours par semaine

La décision a été annoncée en ouverture du conseil municipal du mois de mai 2018, par le maire d’Annecy en personne, Jean-Luc Rigaut : les écoles de la ville repasseront au rythme scolaire de quatre jours par semaine, au lieu des quatre jours et demi imposés par la réforme de l’éducation nationale de 2013.

Cette décision du conseil municipal est loin d’être unilatérale si l’on en croit la parole du maire. D’après lui, ce serait la volonté de la quasi-totalité des conseils d’école de la ville qu’il aurait interrogés sur le sujet. Effectivement, une consultation des parents d’élèves avait eu lieu du 20 mars au 7 avril et les résultats étaient sans appel : 58% pour le retour à quatre jours en primaire (61% en maternelle).

Cette modification du rythme scolaire ne se fera pas du jour au lendemain. Outre les étapes qu’elle doit d’abord surmonter avant son officialisation, la mairie d’Annecy a exprimé son souhait de ne l’appliquer qu’à partir de la rentrée scolaire 2019. L’objectif est de permettre aux écoles et aux agents périscolaires (MJC, centres de loisirs, etc.) de préparer leur nouvelle organisation.

L’histoire tumultueuse du rythme scolaire

En France, le débat sur le rythme scolaire n’a jamais vraiment cessé de faire rage. Les uns l’accusent d’être trop chargé et contre-productif en le comparant aux demi-journées de classe d’autres élèves européens et en pointant les mauvais résultats des élèves français dans presque tous les classements mondiaux. Pourtant, d’autres défendent le nombre important de semaines de vacances, une particularité toute française.

En matière de rythme scolaire, il y a deux écoles qui s’affrontent : les uns militent pour plus de jours d’école par semaine et moins de vacances pour permettre d’alléger les journées des élèves, alors que les autres militent pour conserver une organisation qui, certes, impose de longues journées aux élèves (les plus longues d’Europe), mais leur offre aussi les plus longues périodes de repos.

Une longue évolution

Depuis la IIIe République et l’école gratuite et obligatoire en 1882, le rythme scolaire a considérablement évolué. Jusqu’en 1922, les élèves n’avaient qu’un mois de vacances en août et des journées très longues. Puis, les grandes vacances ont été rallongées, allant jusqu’à 3 mois avant d’être raccourcies dans les années 50 pour atteindre les deux mois que nous connaissons.

Les autres vacances scolaires apparaissent et disparaissent fréquemment entre 1922 et 1980. C’est seulement en 1961 que le calendrier et le zonage des vacances sont décidés. L’école est supprimée le samedi après-midi et on déplace la pause hebdomadaire du jeudi au mercredi. L’objectif est de permettre aux français de partir plus facilement en week-end.

Dans les années 80, les pédiatres recommandent au gouvernement de favoriser le repos des enfants en instaurant la règle du 7-2, c’est-à-dire deux semaines de vacances toutes les 7 semaines. Depuis, certains tentent de réduire la durée des vacances pour réduire la durée des journées des élèves. Ainsi, l’école le samedi matin a été supprimée en 2008, mais le mercredi matin a été ajouté en 2013.

La réforme de 2013

La dernière réforme du rythme scolaire, datant de 2013, avait été vivement critiquée et la ministre de l’Éducation de l’époque, Najat Vallaud-Belkacem, avait dû la défendre longuement. Cette réforme avait été notamment mise en cause pour les problèmes d’organisation qu’elle allait poser à de nombreuses communes.

L’objectif principal de la réforme était de réduire la durée des journées des enfants pour réduire leur fatigue, mais de les accueillir chaque jour de la semaine à l’école pour leur offrir de meilleures conditions d’apprentissage. Comme les journées finissent plus tôt, le temps gagné peut alors être utilisé pour faire de l’aide au devoir ou découvrir de nouvelles activités.

Cependant, plusieurs années après son application, cette réforme du rythme scolaire n’a toujours pas convaincu. Les communes se plaignent que soit laissée à leur charge la gestion du temps que les enfants ne passent plus à l’école et les parents se plaignent de ces nouvelles organisations qui pèsent sur leur emploi du temps et leurs finances quand ils doivent faire garder leurs enfants.

Le nouveau gouvernement propose une dérogation

Face au mécontentement global qui entoure cette réforme du rythme scolaire avant même qu’elle ait pu faire ses preuves, le nouveau gouvernement et son président, ont décidé d’offrir une dérogation aux communes qui le souhaitent pour leur permettre de revenir à la semaine des 4 jours. Cette dérogation est disponible sur simple demande de l’école au conseil départemental de l’Éducation Nationale.

Résultat, près d’un tiers des écoles primaires françaises a fait la demande pour profiter de cette dérogation et revenir à l’ancien rythme scolaire sur la rentrée 2017 et 2018. Un chiffre impressionnant et à charge contre la réforme si on le regarde dans ce sens, parce que l’on peut également considérer que les deux tiers (soit 66%) des écoles sont satisfaites par cette nouvelle réforme.

En tout cas, le rythme scolaire n’a pas fini de faire débat et la décision de la ville d’Annecy semble avoir été prise avec l’accord de la majorité des citoyens concernés. Alors, peut-être que la solution réside davantage dans le fait de laisser une plus grande liberté aux communes dans l’organisation de leur rythme scolaire.